TRIBUNE

Prise de position sur l'actualité ou un sujet important pour la vie de nos entrepreneur(e)s.

Tribune Vincent AGUILERA, Président Les Entrepreneurs Occitanie

Tribune Vincent AGUILERA, Président Les Entrepreneurs Occitanie

Augmenter le coût du travail dans la période actuelle est un non-sens économique et social.

Le coût du chômage repart à la hausse. Et au même moment, on envisage d’augmenter le coût du travail.

Plusieurs milliards d’euros d’allègements de cotisations patronales pourraient être rabotés : c’est l’un des arbitrages qui se dessinent pour le budget 2027.

Le sujet pourrait presque sembler simple : quelques milliards "d’aides aux entreprises" en moins pour contribuer au redressement de nos finances publiques.

Sauf que ces allègements ne sont pas apparus par hasard. Ils ont été créés parce-que la France a fait le choix d’un niveau élevé de protection sociale, largement financé par les prélèvements sur le travail, avec une conséquence bien connue : un coût du travail lourd, particulièrement pénalisant pour les emplois à bas et moyens salaires.

Nous avons donc progressivement réduit certaines cotisations pour rendre ces emplois économiquement soutenables, sans diminuer le salaire versé aux salariés.

Aujourd’hui, les allègements généraux représentent plus de 70 milliards d’euros. C’est considérable et leur efficacité doit pouvoir être évaluée, leur architecture discutée, comme toute politique publique de cette ampleur.

Mais les présenter uniquement comme une dépense ou une "aide aux entreprises" fait oublier l’autre moitié de l’équation : supprimer un allègement de cotisations, c’est augmenter le coût d’un salarié pour l’entreprise qui l’emploie.

Et le moment choisi interroge.

Le chômage atteint désormais 8,3 % en France, contre 7,6 % un an auparavant. En Occitanie, il atteint 9,7 %.

Dans ce contexte, avant de récupérer quelques milliards d’euros sur le coût du travail, j’aimerais que nous répondions à une question assez simple : Qu’est-ce qui a changé dans notre économie pour que ce qui avait été créé pour protéger l’emploi puisse aujourd’hui être réduit sans conséquence sur celui-ci ?

Certains allègements produisent-ils trop peu d’effets ? Peut-être.

Certains seuils doivent-ils être revus ?

Probablement.

Le système actuel peut notamment créer des effets indésirables sur les augmentations de salaire.

Alors évaluons. Ciblons. Réformons ce qui doit l’être.

Mais ne faisons pas des prélèvements sur le travail une variable d’ajustement budgétaire sans regarder ce qu’il se passe derrière les tableaux Excel :

Décisions d’embauche,

Augmentations de salaires,

Investissements,

Compétitivité de nos entreprises.

Dans un pays où les prélèvements obligatoires figurent déjà parmi les plus élevés de l’OCDE, la question devrait peut-être être plus large :

Comment pouvons-nous durablement financer notre modèle social tout en faisant du travail, de l’emploi et de l’augmentation des salaires une bonne nouvelle plutôt qu’une assiette supplémentaire à taxer ?

C’est ce débat-là que nous devrions avoir.